Le responsable des élections au Pérou démissionne face aux problèmes logistiques d'un scrutin contesté

LIMA, Pérou (AP) — Le président de l'agence électorale nationale du Pérou, Piero Corvetto, a annoncé sa démission mardi en raison de problèmes logistiques ayant affecté les élections présidentielles fortement contestées du pays. Plus d'une semaine après le scrutin, les autorités n'ont toujours pas désigné de vainqueurs.
Un contexte électoral tumultueux
Dans une lettre adressée aux autorités péruviennes, Piero Corvetto a nié toute malversation, mais a précisé que les difficultés rencontrées lors du scrutin du 12 avril l'avaient conduit à prendre cette décision pour "générer plus de confiance" avant le second tour prévu le 7 juin. Plus de 30 candidats ont participé à l'élection présidentielle et des centaines d'autres se sont présentés pour des sièges au Congrès.
Problèmes logistiques majeurs
Le scrutin a dû être prolongé d'une journée après que l'agence électorale ait échoué à livrer le matériel de vote à plus d'une douzaine de centres à Lima, empêchant ainsi plus de 52 000 électeurs de voter à temps. Les autorités péruviennes continuent de dépouiller les voix et d'analyser les feuilles de résultats qui arrivent des zones reculées et des consulats péruviens à l'étranger.
Un second tour inévitable
Un second tour entre les deux candidats arrivés en tête sera organisé en juin, aucun des candidats n’ayant réussi à obtenir plus de 50 % des voix. Avec 93,8 % des voix comptées, la leader conservatrice Keiko Fujimori est en tête avec 17,04 % des suffrages et semble presque certaine de se qualifier pour le second tour. En seconde position se trouve Roberto Sánchez, un député nationaliste et ancien ministre sous l'ex-président emprisonné Pedro Castillo, qui a promis de nationaliser partiellement les ressources naturelles du Pérou, avec 12,01 % des voix. Il est suivi de près par l'ancien maire ultraconservateur de Lima, Rafael López Aliaga, qui a obtenu 11,91 % des voix.
Accusations de fraude
Rafael López Aliaga a contesté les résultats partiels de l'élection, affirmant, sans fournir de preuves, qu'un "gigantesque fraude" aurait été commis par les responsables péruviens. Il appelle à une élection "complémentaire" où des centaines de milliers de Péruviens n'ayant pas voté le 12 avril pourraient participer.
Observation électorale et délais
Une mission d'observation électorale envoyée au Pérou par l'Union européenne a déclaré la semaine dernière que, bien que l'élection ait rencontré des problèmes logistiques, elle n'avait trouvé aucune preuve d'une fraude dans le dépouillement des votes. Le lundi suivant, le tribunal électoral péruvien a fixé au 15 mai la date limite pour achever le dépouillement des voix et désigner les candidats qui avanceront au second tour de cette élection hautement contestée.
Un nouveau président en perspective
Le vainqueur de cette élection sera le neuvième président du Pérou en dix ans et remplacera José María Balcázar, élu président par intérim en février dernier. Ce dernier a succédé à un autre dirigeant intérimaire qui avait été destitué pour des allégations de corruption seulement quatre mois après le début de son mandat.
Conclusion
Alors que le pays se prépare pour le second tour, les incertitudes persistent sur la légitimité des résultats et la confiance des électeurs dans le processus électoral. La situation au Pérou demeure volatile, et l'annonce de la démission de Piero Corvetto ajoute une couche d'inquiétude face à l'avenir politique du pays.

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